Outil de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine

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Bas Lormont / vue aérienne

Aujourd’hui, et comme le gouvernement français l’envisage, la protection de notre patrimoine passe par sa valorisation. L’objectif est donc de mettre à disposition de tous, les richesses de notre de patrimoine en faisant sa promotion et sa diffusion, le rendant alors vecteur de rencontre, d’échange, et vecteur de développement économique, touristique et local. Le patrimoine ne doit pas être envisagé comme un poids que l’on doit protéger à perte, mais plutôt comme outils majeurs pour l’identité, la cohésion sociale et l’attractivité des territoires.

C’est dans cette vision de la protection du patrimoine, et suite au Grenelle de l’environnement de 2010 et de la loi d’Accès au logement et d’un urbanisme rénové (ALUR) de 2014, que les aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (AVAP ou AMVAP) on vu le jour, remplaçant alors les zones de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP).

Les AVAP ont donc comme principal objectif de « promouvoir la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces dans le respect du développement durable ». Cette notion de « valorisation » du patrimoine est éminemment issue d’une vision durable de la protection, notamment par toutes les finalités sociales économiques et environnementales qui sont envisagées. Cet outil est fondé sur un diagnostic architectural, patrimonial et environnemental, tout en prenant en compte les orientations du PLU afin de garantir la qualité architecturale des constructions existantes et à venir, ainsi que l’aménagement des espaces ».

L’AVAP comprend donc :

  • Un rapport d’objectif (comprenant le diagnostic)
  • Un règlement (comprenant les prescriptions et recommandations afin d’assurer une bonne gestion et une mise en valeur des éléments patrimoniaux identifiés)
  • Une cartographie (faisant apparaître visuellement le règlement et les périmètres
    de la zone protégée)

En prenant le cas de l’AVAP de la commune de Lormont, nous pouvons voir comment fonctionne réellement cet outil de valorisation.

Tout d’abord, le diagnostic architectural, patrimonial et environnemental réalisé en collaboration avec les Architectes des bâtiments France, la commune de Lormont et par un bureau d’étude a permis de mettre en évidence la richesse du bourg du vieux Lormont. Un écrin de nature et architecturale typique de la région bordelaise (continuités d’échoppes), coincé entre des coteaux boisés et la Garonne, offrant alors un cadre et une morphologie urbaine très particulière.

Ensuite, la réglementation de l’AVAP cherche à encadrer la réhabilitation, la rénovation et la restauration du bâti, dans un souci de valorisation du patrimoine. Sur les berges de Garonne, l’enjeu principal est de préserver la flore marécageuse locale (ripisylve). Pour le village plateau, les enjeux seront de réussir tout en préservant les différentes continuités architecturales et paysagères, la densification du secteur et l’enrichissement par du bâti contemporain. À travers le règlement de l’AVAP de Lormont nous pouvons voir également comment est introduit le développement durable, cela se traduit par la rénovation des bâtiments anciens (meilleure isolation, matériaux locaux et pérennes), la création de jardins en cœur d’îlot, la préservation des coteaux pour une meilleure circulation pluviale ou encore à la gestion et protection des essences naturelles locales.

Pour finir, nous pouvons voir comment la cartographie permet d’harmoniser toute cette réglementation et de faire ressortir tous les différents enjeux patrimoniaux dans les limites de l’AVAP en fin de pouvoir facilement le valoriser dans de futures actions publiques en termes d’aménagements du territoire et d’urbanisme. Cet outil sera donc complémentaire avec les autres outils d’aménagements territoire (SCOT, PLU et PLUi).

AVAP lormont

Pour conclure, il est important de noter et rappeler tout se volet « durable » dans le règlement de l’AVAP, car il était souvent absent chez sont aînée, les ZPPAUP, figent alors le patrimoine (pouvant entraîner un muséification) au lieu de le faire vivre. Faire vivre son patrimoine, c’est lui assuré d’avoir les moyens de ce protégé et non l’inverse.

HAGET Arnaud

Sources :

  • http://www.vie-publique.fr/politiques- publiques/politique-patrimoine/valorisation/
  • La valorisation du patrimoine culturel, Albéric de Montgolfier, octobre 2010
  • AVAP Lormont règlement, Marie-Pascale MIGNOT(Architecte), Isabelle HUMBERT (Paysagiste), ALTO STEP (Environnement), février 2016
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