La place du vélo dans la ville

Pourquoi parler de vélo ?

Les « Mobilités douces », ou pour prendre un terme plus énergique « Human Powered Mobility », sont tous les moyens de transport non motorisés – principalement la marche à pied et, bien sûr, le vélo. Ce fabuleux deux roues peut réellement permettre de compléter les transports en commun en tant que transport individuel. Fortement négligé au cours du dernier siècle au profit de la voiture, une prise de conscience opère sur l’utilité, l’efficacité et la praticité du vélo, notamment en milieu urbainCopenhagenize-Bordeaux.

Index de classification des villes les plus « bicycle friendly » (les plus adaptées à l’usage du vélo) par Copenhagenize Design Company.           Dans l’encadré rouge : Bordeaux en 8ème place.

Un intérêt écologique : éviter la pollution en ville

Favoriser l’usage du vélo en ville implique nécessairement de réduire le nombre de voiture. Or cela ne peut être que bénéfique pour le niveau de pollution. Depuis plusieurs années, on voit à Paris, et dans d’autres grandes agglomérations, des périodes de pic de pollution, hautement dangereuse pour la santé et néfaste pour l’environnement. Les mesures mis en place jusqu’ici, tel que la circulation alternée, n’ont pas prouvé leur efficacité. En minimisant l’usage de la voiture, il serait possible d’éviter entièrement ce type de situation. La ville de Mexico en 2009, par exemple, en prenant la décision de lutter contre la pollution très importante de la capitale mexicaine, avait mis en place plusieurs projets, dont un favorisant l’usage du vélo.

Un intérêt économique : investir intelligemment

L’exemple de Fribourg-en-Brisgau, une ville allemande d’un peu plus de 200 000 habitants, est particulièrement intéressant pour observer l’effet sur le long terme de la mise en place d’infrastructures favorisant l’usage du vélo. Depuis plus de 40 ans, la ville a mis en une politique de déplacement favorisant les transports publics et les mobilités douces. Résultat : le nombre de véhicule individuel motorisé a baissé de 29% à 26% de 1982 à 1999 alors que l’usage du vélo a augmenté de 15% à 27% sur la même période et représente le transport le plus utilisé.

Utiliser le vélo au lieu de la voiture a également un intérêt économique pour l’usager : s’équiper de vélo revient bien moins cher que l’achat d’un quatre roues, l’entretien est bien moins coûteux, et pas besoin d’acheter d’essence ! Ces moindres coûts le rendent également accessible à un plus grand nombre d’individu.

Un intérêt social : le bien-être des êtres urbains

Le bénéfice n’est pas seulement monétaire ou environnemental, il est également ressenti au niveau de la santé mental et physique de l’individu. Dans le monde occidental, où nous sommes de plus en plus sédentaires, bouger et faire de sport deviennent des efforts conscients à faire. Alors que l’obésité ne cesse d’augmenter, il s’agit d’un effort crucial. De plus, faire du sport est fortement préconisé pour éviter le stress, l’anxiété, la dépression… des maux que subissent une partie importante de la population urbaine. Pourtant, le temps et l’envie peuvent manquer. En se déplaçant à vélo, on intègre du sport dans ses trajets, favorisant ainsi un bien-être physique et mental des êtres urbains.

Mais alors pourquoi n’est-on pas encore tous à vélos ?

« Depuis cinquante ans, nous avons façonné des villes de telle sorte que les gens sont presque forcés de vivre assis toute la journée, dans leur voiture, au travail, chez eux. » J. Gehl

Quand il s’agit d’adopter le vélo à la place de la voiture, les réticences sont encore fortes, à la fois de la part des politiques et des citoyens. Pour les citoyens, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le principal frein est le risque d’accident encore fort dans les villes non aménagées, et non l’inclinaison de la pente. Pour réduire le risque d’accident, c’est aux politiques d’agir, en favorisant les transports en communs et les mobilités douces. Certaines villes sont déjà au point comme Fribourg-en-Brisgau, ou encore Strasbourg en France. Bordeaux est en bonne voie, avec la construction d’infrastructures sur la métropole et la mise en place de stations VCub – des bornes de vélos à la disposition de tous – au niveau d’une grande partie des arrêts de tram.

Il s’agit réellement d’une volonté politique de repenser le déplacement urbain – à partir de cela, tous les citoyens, quel que soit leur âge, quel que soit leur rythme, pourront tenter (et certainement adopter) le vélo comme mode de transport !

Emma Deries–Glaister

Pour en savoir plus:

Quelques links d’actus

  1. Les vélos plus nombreux que les voitures à Copenhague, 2016
  2. Le classement Copenhagenize 2015 de Bordeaux 
  3. Discours d’ouverture du Velo-city, l’une des conférences cyclables les plus importantes au monde, à Adelaide en 2014: The Five Senses in the Life-Sized City
  4. Le vélo à l’échelle de l’Europe: ECF – la fédération européenne des cyclistes
  5. Le vélo à de l’échelle d’agglomération bordelaise: Vélo-cité

Petite bibliographie non-exhaustive

  1. Cervero R., Duncan M. 2003. Walking, bicycling, and urban landscapes: evidence from the San Francisco Bay Area. Am.J.Public Health 93 (9):1478-1483.
  2. Gehl J. 2013. Pour des villes à échelle humaine. Ecosociété Eds
  3. Lavadinho S., Giuseppe P. 2005. Développement Durable, mobilité douce et santé en milieu urbain
  4. Von Der Muhll D. 2004. Mobilité douce: nostalgie passéiste ou perspective d’avenir? dans Les territoires de la mobilité – L’aire du temps. Presses polytechniques et universitaires romandes

 

Aller à la barre d’outils